Le refus créationniste de voir les conséquences évidentes de schémas évidents visibles dans la nature
Billet du mois : août 2011
par Robert L Camp
Objet: | Voir aucun motif, entendre aucun motif, dire aucun motif Date: | 25 août 2011 Message-ID: | 8ff10bd2-9d47-443a-a4c7-011795cb31fe@l7g2000vbz.googlegroups.com
(Le passage suivant fait partie d'un échange entre John Harshman et Anthony022071, tiré du fil « Contre la théorie de l'évolution ».)
>>> cela ne signifie pas que l'ADN commun entre les espèces est
>>> « partagé » au sens d'avoir été hérité d'une même espèce ancestrale
>>> hypothétique.
> de similarité et de différence génétiques. Pourquoi donc faut-il relier
> toutes les espèces entre elles à travers une évolution supposée à partir d'un
> organisme-ur-hypothétique au commencement ?
« Pourquoi cette nécessité... », en effet. Je pense qu'il s'agit d'une question intéressante et révélatrice. Ce que Anthony ne semble pas avoir envisagé, c'est qu'il pourrait aussi se demander « Quelle est cette nécessité de regrouper les observations de l'atmosphère et de la température dans des modèles à travers des hypothèses météorologiques supposées sur la prévision du temps ? » ou, d'autre part, « Quelle est cette nécessité de rassembler des indices sur la localisation possible d'une chose une fois qu'on l'a perdue ? » (Indice : cela a à voir avec le désir de récupérer la chose.)
Il y a chez les créationnistes une fréquence de cette attitude telle que, à mon avis, elle devrait porter un nom (peut-être en a-t-il déjà un), quelque chose dans la veine de « l'Argument du triple Singe ». L'approche, lorsqu'elle n'est pas un refus catégorique qu'un schéma d'observations déclenchant des questions causales existe vraiment, semble avoir une orientation proche du déni du fait que de telles questions devraient nous concerner, ou même être prises en considération.
Une des raisons pour lesquelles je trouve cette attitude si fascinante est qu'elle me paraît être une répudiation directe d'un aspect unique, vital et noble de l'humanité : la capacité, et le désir, d'agréger de multiples (bloc de) faits d'information parfois apparemment disparates en événements reliés, qui, lorsqu'ils sont considérés à la lumière de l'expérience de la causalité, peuvent être transformés en hypothèses, puis en connaissance. Les humains extraient des schémas à partir d'observations associées. Cela fait partie de notre structure cognitive d'identifier et de regrouper des connexions qui forment ensuite la base de la compréhension. Nous ne pouvons pas ignorer cette part de nous-mêmes plus que nous ne pouvons nier l'instinct de prendre soin de notre progéniture.
Peu de créationnistes (je l'espère), considéreraient comme raisonnable de poser à nos ancêtres la question « Quelle est cette nécessité de rassembler des détails sur les comportements répétés des prédateurs par l'observation supposée, l'hypothèse et la mise à l'épreuve ? » (S'ils avaient pu, je soupçonne que ces individus ayant subi l'élimination de leur matériel génétique du pool génétique témoigneraient avec plaisir de la valeur d'associer les observations sur les habitudes des tigres et des lions.) Pourtant ces mêmes créationnistes restent étonnamment peu impressionnés en repérant les qualités partagées par les tigres et les lions, et, disons, un chat domestique. Soyons clairs : il s'agit d'un schéma du type le plus simple et le plus évident. Il ne faut aucun saut d'imagination ou d'intuition scientifique pour percevoir les similitudes de mouvement et d'apparence (et, avec une observation plus approfondie, de biologie) de ces organismes. « Il doit y avoir une relation », presque tous les humains pensaient. Mais pour les créationnistes (comme l'illustre Anthony), l'identification de ce schéma très évident est soit rejetée franchement, soit attribuée à une convention institutionnelle, soit écartée comme immatérielle.
La perception d'une relation entre un tigre et un chat domestique n'est pas un bond d'inspiration, ni un préjugé, c'est la plus simple extension du évident. C'est un pas au-delà du constat que deux chats domestiques relèvent de la même catégorie. Repérer une similitude, enchaîner vers un ordre ou une structure sous-jacents dans la nature, puis tenter de la comprendre, est un choix bon, *adéquat*. C'est ce que nous faisons, c'est ce que nous sommes.
RLC